Monday, January 27, 2014

Jeux Olympiques et Économie

Du 7 au 23 février 2014, Sotchi, une station balnéaire au Sud de la Russie, accueille les 22e  Jeux olympiques (JO) d’hiver. Les JO sont scindés en deux évènements distincts : les JO d’hiver et d’été. Les JO d’hiver ont commencé en 1924. On retrouve à leur programme des sports pratiques sur la glace ou sur la neige y compris le curling, le hockey sur glace, le snowboard et le patinage de vitesse. En ce qui concerne les JO d’été, ils ont commencé en 1896. Leur programme comprend divers autres disciplines telles que : l’athlétisme, le baseball, le basketball, le cyclisme, la natation, et le tennis. 

Les JO d’hiver et d’été ont lieu tour à tour tous les deux ans. Le dernier JO a eu lieu à Londres, Royaume-Uni l’été 2012. Le Canada a accueilli le trois JO : premièrement en été 1976 à Montréal, Québec, ensuite en hiver 1988 à Calgary, Alberta et dernièrement en hiver 2010 à Vancouver, Colombie Britannique. Les États-Unis, plus qu’aucun autre pays, ont accueilli huit fois les JO. Depuis 1988, les JO sont immédiatement suivis des jeux paralympiques qui sont des jeux destinés aux athlètes ayant des handicaps physiques ou intellectuels.

 En plus d’être des évènements sportifs, les JO sont également des évènements économiques. Pour accueillir des JO, les gouvernements et les municipalités investissent dans les infrastructures, ce que les économistes appellent dépenses publiques. L’investissement dans les infrastructures consiste en la construction de stades pour tenir les jeux, de villages olympiques pour héberger les athlètes participants, et l’extension et l’amélioration du transport public afin de rapidement  déplacer les spectateurs venant du monde entier vers les sites des JO… 

Dans le secteur privé, les entrepreneurs découvrent de nouvelles opportunités d’affaires, ce que nous appelons innovations. Une innovation qui vaut la peine d’être mentionnée est le service bateau sur le canal fourni durant les JO de Londres par la compagnie Water Chariot. Ce service était une alternative aux routes congestionnées de Londres pour se rendre au parc olympique Reine Elizabeth. Les JO sont aussi une occasion pour les entrepreneurs de faire du profit en concevant et commercialisant des produits dérivés tels que des vêtements, des épinglettes, des jouets et autres articles souvenirs différenciés avec les logos et mascottes des JO et les emblèmes des nations participantes. 
Pour gonfler leurs audiences et leurs recettes publicitaires, les réseaux de nouvelles font concurrence en vue de l’obtention de droit exclusive de diffusion dans leurs régions,; ce nous appelons jeu d’enchères.

Le coût des JO est principalement financé par les sponsors, les enchères des droits de rediffusion, et les fonds publics. En ce qui concerne le financement public, pour accueillir les JO de Londres de 2012, le gouvernement britannique a investi à peu près  5,3 milliards £ (à peu près 8,24 milliards $US) dans la construction du parc olympique Reine Elizabeth et des infrastructures. La contribution des contribuables canadiens à la construction et à la rénovation des sites des JO d’hiver de Vancouver de 2010 était estimée à 603 millions $. Le stade national de Pékin (aussi connu sous le nom de nid d’oiseau) construit pour accueillir les JO d’été de Pékin de 2008 a coûté 428 millions $US. L’État de Pékin détient 58 pourcent de cet actif.

L’objet de l’Économie étant comment allouer des ressources rares pour satisfaire des besoins illimités, des questions qui viennent à l’esprit sont pourquoi les gouvernements devraient investir autant dans un évènement qui ne dure que deux semaines, pourquoi ne pas affecter cet argent à d’autres causes telles que la lutte contre la pauvreté ou la construction d’écoles et d’hôpitaux.

Toutes ces préoccupations peuvent être bien fondées à la lumière de l’expérience de la Grèce. En 2004, pour la deuxième fois, les JO modernes retournaient à Athènes en Grèce, leur bercail – les JO antiques avaient lieu tous les quatre ans dans la ville d’Olympie dans la Grèce antique et les premiers JO modernes ont été organisés à Athènes en 1896. Les Jeux ont enregistrés une perte de près de 14 milliards $US. Plusieurs des sites construits pour les jeux ont été fermés après l’évènement et sont devenus ce que les gens appellent les ruines modernes de la Grèce.  Le gouvernement grec a ensuite sombré dans une crise d’endettement.  
Comme autre exemple, on peut voir le contraste entre la pauvreté dans les favelas de Rio de Janeiro au Brésil et les moyens financiers que le pays mobilise pour accueillir les JO d’été de 2016.

Mettant de côté ces deux exemples, les JO ont eu des impacts positifs sur les économies nationales. Ils font la promotion des villes qui les accueillent et attirent les touristes, ce qui est bénéfique aux entreprises locales telles que : les hôtels, les restaurants, et les boutiques de cadeaux. Ils créent des emplois dans divers industries y compris la construction et les industries connexes et le transport. Les JO attirent les investisseurs étrangers et favorisent le commerce avec le reste du monde. En plus, les parcs olympiques sont des patrimoines dont plusieurs économies locales continuent de bénéficier. Ils accueillent des activités génératrices de revenus telles que des spectacles et des compétitions. Ils servent aussi de centre d’entraînement à des clubs de sports locaux.


Selon les estimations de la firme de consultation, PricewaterhouseCooper, les JO d’hiver organisés à Vancouver ont créé 45 000 emplois et ont contribué pour 2,5 milliards $ au produit intérieur brut de la province de Colombie Britannique. Selon le gouvernement britannique, les JO de Londres ont donné lieu à plusieurs transactions qui auraient haussé le commerce et les investissements étrangers dans le pays de 9,9 milliards £ (près de 13,68 milliards $US).