Monday, February 3, 2014

Comment financer une possible installation obligatoire de gicleurs dans les résidences privées pour personnes âgées

Suite à la tragédie de l’Isle Verte, je propose trois mesures qui aideraient les résidences privées pour personnes âgées à se doter de gicleurs: des prêts garantis par le gouvernement du Québec, des allègements fiscaux et une baisse des primes d’assurance.


Dans la nuit du 23 au 24 janvier 2014 un incendie majeur a ravage la Résidence du Havre, une résidence privée pour personnes âgées à l’Isle Verte. L’Isle verte est une municipalité de 1 432 habitants située dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Rivière du Loup –Pour les lecteurs qui ne sont pas familier avec le Québec, une MRC est une division territoriale propre au Québec constituée de plusieurs municipalités. La Résidence du Havre hébergeait 18 personnes âgées autonomes et 34 autres en perte d’autonomie. Seulement 20 des 52 résidents ont pu être évacués du brasier. 

Les incendies de résidences pour personnes âgées sont fréquents au Québec mais un incendie aussi meurtrier remonte au 2 décembre 1969. Cet incendie avait ravagé la résidence le Repos du vieillard à Notre-Dame-du-Lac et fait 38 victimes. Le quartier de Notre-Dame-du-Lac se trouve actuellement dans la municipalité de Témiscouata-sur-le-Lac, MRC de Témiscouata.

Touchées par la tragédie de l’Isle Verte, plusieurs voix se sont levées pour demander l’installation obligatoire de gicleurs dans les résidences pour personnes âgées au Québec. Un gicleur est un dispositif de protection qui disperse de l’eau et d’autres agents extincteurs dans une pièce  dès qu’il détecte des signes d’incendie tels un excès de température. Plus de la moitié des résidences privées pour personnes âgées au Québec est construite entièrement en bois, un matériau combustible. L’installation de gicleurs aidera donc à circonscrire les incendies, à diminuer le risque d’effondrement de ces résidences en cas de sinistre et faciliter l’évacuation des victimes. 

Au Canada, l’Ontario est la seule province à avoir rendu obligatoire depuis mai 2013 les gicleurs dans les résidences pour personnes âgées et centres de soin de longue durée. Selon les chiffres du Ministère de la santé et des services sociaux du Québec, des 1 953 résidences privées pour personnes âgées que compte le Québec, 1 052 ne sont pas du tout protégés par gicleurs, soit près 54 %.  

Le coût d’installation de gicleurs dans une résidence de 30 unités d’habitations est d’à peu près 150 000 $.  Les institutions financières hésitent à financer  cet investissement sous prétexte qu’il n’ajoute pas de la valeur à une résidence; un avis que je ne partage pas. Une résidence équipée de gicleurs se revendra sûrement plus vite et plus cher qu’une autre résidence identique qui n’en possède pas. Le gicleur représente un plus aux yeux de tout acquéreur potentiel. Par ailleurs, en diminuant le risque de propagation des flammes, les gicleurs vont non seulement protéger les résidences pour personnes âgées mais aussi les immeubles voisins. 

Devant le coût assez élevé de l’installation de gicleurs et la difficulté à obtenir des prêts, une question se pose : comment on pourrait aider les propriétaires de résidences à financer une possible installation obligatoire de gicleurs. Je propose trois pistes de réflexion:
·          La mise en place d’un programme de prêts garantis par le gouvernement du Québec auprès des institutions financières,
·         Un retour d’impôts sur les intérêts payés sur ces prêts,
·         Une baisse par les compagnies d’assurances des primes d’assurance payées par les résidences qui seraient conformes aux normes.