Friday, March 21, 2014

La Recherche et développement à travers le Canada

Le Québec consacre à peu près la même fraction de son produit intérieur brut, à la recherche et développement que la province d’Ontario mais le nombre de brevets d’invention octroyé en Ontario est le double de celui au Québec. Cette différence se trouve dans le dynamisme des deux économies.  

Hier, 20 mars, a eu lieu le premier des deux débats télévisés entre les chefs de quatre partis politiques en vue des élections générales du 7 avril 2014. Débattaient Mme. Françoise David pour Québec solidaire, M. François Legault pour la Coalition avenir Québec, M. Philippe Couillard pour le Parti libéral du Québec et la Première-ministre sortante Mme.  Pauline Marois pour le Parti québécois.  Les enjeux économiques étaient le premier des quatre thèmes débattus. À la question quel remède de cheval les chefs de parti proposaient pour stimuler l’économie québécoise, Mme Marois était la seule à évoquer la relance du commerce extérieur et de la recherche et développement (R&D). J’ai trouvé dommage qu’elle n’a pas su développer davantage ces points qui la distinguaient de ses challengers.   
La R&D est l’investissement dans la conception des biens qu’une économie va produire demain ou dans la découverte de nouvelles et meilleures façons de faire. De nos jours, les innovations issues d’une R&D sont protégées par des brevets d’invention. En effet, la R&D stimule la croissance dans une économie puisqu’elle accroît les dépenses d’investissement des entreprises et relance les exportations et les investissements à l’étranger étant donné le savoir-faire unique qu’elle procure aux entreprises domestiques.

En termes de pourcentage de produit intérieur brut (PIB), le Québec investit plus que n’importe quelle autre province canadienne dans la R&D. Comme il apparaît à la figure 1 ci-dessous, entre 1981 et 2011, c’est en moyenne 2,02 % du PIB du Québec qui a été consacrée à cette activité contre 2.01 en Ontario.  
Figure 1: Part des dépenses brutes en R&D dans le PIB, moyenne, 1981-2011,Source des données: Statistique Canada
Figure 1: Part des dépenses brutes en R&D dans le PIB, moyenne, 1981-2011,Source des données: Statistique Canada, NL : Terre-Neuve-et-Labrador, PE : Île-du-Prince-Édouard, NS : Nouvelle-Écosse, NB : Nouveau-Brunswick, QC : Québec, ON : Ontario, MB : Manitoba, SK : Saskatchewan, AB : Alberta, BC : Colombie Britannique, Territoires : Nunavut, Territoires du Nord-Ouest et Yukon. 
 Bien que la fraction du PIB investie dans la R&D soit sensiblement la même au Québec et en Ontario, le nombre de brevets d’invention octroyés en Ontario est le double de celui octroyé au Québec.

Figure 2: Part en pourcentage des brevets d'invention octroyés part l'USPTO aux institutions canadiennes, 1980-2012, Source des données: Institut de la statistique du Québec
Figure 2: Part en pourcentage des brevets d'invention octroyés part l'USPTO aux institutions à travers le Canada, moyenne, 1980-2012, Source des données: Institut de la statistique du Québec
Il y a sans doute plus de place à l’entrepreneuriat en Ontario qu’au Québec. Voilà ce qui explique pourquoi deux provinces consacrant la même fraction de leur PIB à la R&D se retrouvent avec des rendements différents en termes de brevets d’invention.  Le Québec, pour être plus prospère, doit donc soutenir la création et l’expansion de petites et moyennes entreprises ainsi que l’innovation dans ces entreprises.